Catégorie: Lectures
avril 24th, 2026 par Jean Sebillotte
Voici ce que j’ai rédigé pour mon groupe de lecture (JKLMRS) dont les membres ont apprécié diversement la lecture, s’accordant sur le fait que la longueur du livre aurait pu être réduite !
La maison vide – Notes de lecture
Laurent Mauvignier
Quand je lis, je suis renvoyé au passé pour enfin progresser un peu…
Ce livre m’est un reproche : je ne puis m’y plonger sans en redouter la lecture. Je l’ouvre, lit un passage, le trouve excellent, tourne la dernière page de cet extrait et voici une nouvelle escalade, un rebondissement et de nouveau une traversée exigeante. Quand donc finira la promenade ?
J’admire cet ouvrage, sa construction, son style mais il m’étouffe et au vrai m’ennuie.
Bien sûr ces trois femmes qui en sont le centre sont bien campées. L’ancêtre est finalement sympathique, Marie-Ernestine, victime de son père, incompréhensible dans sa haine pour sa fille, Marguerite, si pleine de vie, une victime de sa mère…
Mais trop c’est trop ! C’est à la page 81 qu’on apprend incidemment que le narrateur «écrit pour tenter de savoir pourquoi son père s’est suicidé…
Ce livre est trop !
Sa forme compacte m’effraie. L’auteur ne me facilite pas la lecture… Je m’aperçois de mon goût pour les récits courts, les poèmes brefs, la musique elle aussi brève. J’ai besoin d’une mélodie bien traitée dont je peux jouir, pas de tout un opéra, du Schubert plus que du Wagner ou pire du Malher. J’aime Echenoz et les contes. Guerre et paix ne m’attire pas…
Je vieillis ! Je deviens paresseux ! Faut-il par culpabilité passer tant d’heures à lire un tel ouvrage quand je manque de temps ? Je l’ai fait pour Jklmrs !
Je remarque aussi que la mode est à ces récits familiaux qui retracent les relations intergénérationnels.
Où sont Kafka, London, Alexandre Dumas, Zola, Walter Scott… Proust est adulé…
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Étonnement le style varie. L’auteur s’amuse avec des coquetteries de forme. Pas de tirets pour les dialogues, pas de titres aux parties et chapitres, des chiffres en plein milieu de page. Dans le passé l’auteur, souvent en tête de chapitre annonçait la couleur, écrivant par exemple : « Où l’on apprendra que X est mort ; où on saura que le roi en fut affligé ; on saura que la guerre reprenant… »
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Enfin j’ai tenté une caricature littéraire par le texte suivant :
Ah ! L’Art d’avancer son texte en spirale comme l’escalier montant des profondeurs de la cathédrale d’ Auxerre ou plutôt de sa crypte (, il avait imaginé, mais pourquoi ? que cette splendeur gothique avait, deux cryptes superposées visibles de l’Yonne coulant en contrebas et s’était trompé), escalier qui lui fait penser à celui de la maison vide de Grignon qui, cependant n’est pas reléguée loin du village, mais en marque l’entrée, qui n’est pas totalement vide car entretenue avec amour et constance, demeure chargée de l’histoire d’une famille, ce qui le renvoie à « La maison vide », titre du roman de Mauvignier, primé du Goncourt, dont il doit faire un résumé, comme si l’on pouvait le faire d’un livre de 743 pages narrant l’histoire d’une famille dont les origines sont comme l’écriture originelle de quelque palimpseste jauni par le temps, d’un livre écrit d’une écriture enroulée qui progresse comme un pas-de-vis, ce qui le renvoie à la mémoire de l’escalier en colimaçon de la maison de Grignon, à ses marches usées et hautes que les domestiques devaient emprunter de puis la cuisine voutée du sous-sol pour apporter aux maîtres les plats des repas pris dans la salle à manger, la cuisine étant au niveau des caves, comme l’était la crypte de la cathédrale d’Auxerre, cette petite ville qui, finalement, n’est pas si loin de Grignon maintenant que l’on circule si facilement en voiture, avec d’ailleurs plus de vélocité qu’il n’avait mise à lire ce livre de Mauvignier. Etc.
Résumé (Est-il de moi ?) 100 mots
Le narrateur conte la vie d’une famille en s’appuyant sur la visite d’une maison restée très longtemps vide car désertée par une génération puis reconquise par une autre plus récente. Le narrateur dernier de la lignée veut comprendre pourquoi son père s’est suicidé. L’enquête part de l’ancêtre, de la révolution française pour aboutir à nos jours. Des guerres sont traversées, 14-18, 39-45, l’Algérie. Le livre, s’attache à certaines figures et décrit le manque d’amour tout autant que la France rurale confrontée à la musique, aux guerres, au sexe. Le piano meuble et musique est aussi un des fils de l’histoire…
JS avril 2026
PS – Je lis lentement 30 pages en 1 h ou plutôt 15 pages à l’heure pour ce livre. Soit 30 h !
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Publié dans Lectures, Livres, Recension, Roman
novembre 26th, 2024 par Jean Sebillotte
Sven Lindqvist, plusieurs années après ses premiers voyages sahariens, en recommence un qui le conduit plus au sud et rejoint la partie nord de l’Afrique peuplée de noirs. Il se centre surtout sur la façon dont se comportent les Anglo-saxons et développe la partie relative à la conquête du Congo au profit du roi des Belges Léopold II. Il traite incidemment aussi de quelques faits coloniaux français.
Cette seconde partie du livre – qui a pour titre Exterminez toutes ces brutes, phrase tirée du livre de J. Conrad, Au coeur des ténèbres – est différente de la précédente car rédigée avec un recours considérable à une documentation référencée dans le texte. Lindqvist cite notamment Anna Arendt et Les origine du totalitarisme. Cette partie du livre se veut voyage saharien (récit du voyage, rêves, retour sur la jeunesse) et simultanément histoire de la colonisation et approche théorique de l’évolution sociale aboutissant aux drames que nous connaissons. On part de la colonisation pour en arriver à Hitler, le nazisme et la Shoah
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Cette fois, Sven L part d’El Goléa pour se rendre à In Salah. Il traverse le Tademaït, « le déserts des déserts». A In Salah, il reste quelques jours, occasion pour évoquer le sort terribles des noirs pendant la colonisation. Rien à voir avec son premier voyage. Il cite des passages entiers de divers ouvrages de missionnaires, d’explorateurs. Ce ne sont au début que des idées nobles, qui justifient la colonisation (apprendre à lire et écrire, convertir, faire travailler des indigènes indolents… bref apporter la civilisation qui ne peut être qu’européenne !). L’Europe, mais surtout l’Angleterre de la reine Victoria domine le mode et les mers… Puis peu à peu l’exploitation des peuples se fait plus exigeante, plus dure, meurtrière. L’Afrique se dépeuple… Les blancs manient la chicotte, redoutable fouet de lanières de cuir qui tue au bout d’un certain nombre de coups.
In Salah est une ville de 25000 habitants « noirs pour la plupart » écrit Sven L. qui en profite pour nous raconter les aventures de Stanley, Kitchener au Congo et au Soudan. Des héros fêtés en Europe, surtout en Belgique. Sven L. explique ensuite la supériorité militaire écrasante des Européen (fusils, canon, poudre, acier contre des ennemis impuissants et tués à distance…)
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Puis Lindqkist se dirige vers Tam (Tamanrasset). 600 km en bus. Nous voilà avec Wells et Graham. Ce dernier est un critique lucide de la colonisation. Toujours des références à J. Conrad
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Puis c’est le voyage vers Arlit au nord du Niger. On se rapproche du continent noir…Au passage on a appris l’esclavage des noirs par les arabes… On découvre aussi l’impact de Cuvier : des espèces sont désormais éteintes ! Coup de tonnerre ! Puis c’est Darwin et Lamarck : l’évolution devient concevable… Avec une espèce au sommet de l’évolution… Nous, les blancs européens.
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Sven part pour Agadès. I l nous raconte l’histoire des « Guanches »qui vivaient dans les Canaries et qui furent décimés voir complètement exterminés comme les Tasmaniens. Suivent des pages sur le racisme. J’y reviendrai. Sven Lindqvist finit son voyage dans le Niger et son livre ainsi : « Ce qui nous manque, c’est le courage de comprendre ce que nous savons et d’en tirer les conséquences. »
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octobre 31st, 2024 par Jean Sebillotte
J’ai lu puis abandonné le livre que je reprends de mémoire ou presque pour cette note de lecture.
1 – Le style très recherché (trop ?) : L’autrice soigne son style mais cela se sent. J’admire la première phrase, très longue. J’admire : Le sol, déjà, roulait sous mes pieds… plus loin j’admire : le silence a duré dans la pièce comme du plâtre à l’air libre… Parfois L’autrice emploie des mots étrangers : page 51 ; la gamine qu’elle était longe le Channel pas la Manche. Oh ! c’était le cinoche… Voilà ce qu’est d’être un lecteur agacé… Je suis injuste, horriblement injuste.
Plus tard dans le livre j’ai eu de la peine avec les phrases immenses. J’ai continué à m’agacer. Moi, le Havre sous toutes les coutures je m’en fiche un peu… Et cette enquête s’étire
2 – Le suspense et l’intrigue sont ténus. Cela démarre comme un polar mais au total cela se termine en eau de boudin : l’homme trouvé sur la plage aurait pu être le bref premier amoureux du passé, Craven. Il suffisait pour le savoir d’examiner trois points sous l’aisselle. Eh bien non ! Toute l’enquête sur ce cadavre n’avait pas pour but de savoir mais de se remémorer, de parler de choses et d’autres et surtout du Havre, mais aussi de l’actualité familiale.
Pourtant la recherche de qui était ce cadavre est le fil du livre, un fil ténu et peu crédible. Un fil si ténu qu’il n’y a aucun suspense. Un N° de teléphone sur un ticket de cinéma, c’est peu… On n’est pas tenu en haleine et le livre, lourd, compact, descriptif devient de plus en plus pesant à lire… Je saute les pages pour savoir… Mais savoir quoi ? Qui est Carven ? Quelle est cette ville du Havre. Heureusement, j’y suis allé et, parfois, je m’y retrouve, ce qui brise mon ennui. Je ne me perds pas, je suis la plage jusqu’au bout où est le cadavre… Qui peut être ce Carven, pardon Craven, le premier amour de madame… à propos je ne sais pas son nom à cette dame. Quand page 11, le policier l’appelle au téléphone, elle dit c’est moi… Elle eût put luis faire dire Madame XXX, cela aurait allongé la phrase.
Mon lecteur l’aura compris, ce livre m’est tombé des mains.
3 –Que lire au groupe de lecture (JKMRS) ? Ce qui concerne Maïa. J’ai aimé ce que Maylis fait dire à la mère de cette fille en train de s’émanciper..
4 – Un résumé ? Pas le courage. Je lis du Sven Lindqvist et du Mario Vargas Llosa. C’est copieux mais passionnant !
JS – novembre 2024
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février 12th, 2024 par Jean Sebillotte
Je classe mes lectures selon leur genre. L’actualité via les journaux et les débats repris parfois sur internet. Cette lecture-audition n’est pas complètement de la lecture mais plutôt de l’investigation. La science-fiction qui est une recherche de la part d’un auteur sur un avenir possible, ou la vie dans un monde imaginé. Le roman policier qui, quand il est bon, me convie ou m’associe à une recherche. L’ouvrage de philo qui répond à une question que je me pose. L’essai de la même façon.
Et le roman.
Le roman, c’est ce que nous lisons dans mon groupe de lecture. Du coup, je lis des romans variés en plus de ceux que j’achète ou que je relis en utilisant ma bibliothèque. Et là, je m’aperçois que j’aime les genres qui se rapprochent des types précédents. Peut-être faut-il ajouter le genre de l’histoire quand elle m’apporte une clarté nouvelle sur un thème ou une période. Ainsi j’ai beaucoup apprécié Le choc des civilisations de Samuel Huntington, à la fois historique et tentant de répondre à de multiples questions que je me pose.
Cette nuit, sans sommeil pendant trop longtemps, j’ai dicté quelques phrases au logiciel de mon smartphone qui enregistre et traduit la parole en texte. J’ai bien entendu remanié ce texte car, parfois, l’appareil me restitue quelque chose de loufoque ! « Ce que j’aime dans le roman c’est la capacité de l’auteur à inventer une histoire et je n’aime pas le roman qui n’est que le récit d’une vie, pour moi banale, d’une vie courante. Autant lire une biographie. Que m’importe un cours de sociologie illustré ? Il y a des exceptions. Proust a fait de sa vie un roman ou plutôt l’inverse. C’est beau. Mais ce que j’aime le plus c’est la capacité d’invention et de réflexion d’un auteur, la traduction de quelque chose qui n’est pas facile à expliquer, pas facile à justifier. A mes yeux Kafka est extraordinaire. Je ne suis pas sorti indemne de La Métamorphose ».
C’était la nuit. C’était confus… Le plus clair c’était mon envie de dénoncer le roman-autofiction et de dire mon admiration pour les inventeurs d’histoires qui explorent autre chose que leur ego. Ainsi, parmi les grands romans je situe Les Misérables. Dans ce grand roman, extrêmement puissant, Hugo ne parle pas de lui. Il crée vraiment et ne raconte pas sa vie. Qu’on songe à Jules Verne encore lu malgré un style vieilli et tant d’autres !
Et toi, ami lecteur, qu’aimes-tu le plus ?
Et la poésie ?
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mai 25th, 2018 par Jean Sebillotte
L’écrivain vient de mourir après des années d’une retraite qu’il déclare heureuse. Busnel lui a consacré une émission entière de La grande libraire, hier, 24 mai 2018. Il a réalisé un court métrage pour présenter des interviews de cet écrivain puis invité Finkelkraut, un ami intime de Roth, la traductrice d’une dizaine de ses livres, Josée Kamoun, et Queffélec qui l’avait rencontré je ne sais plus comment.
Je viens de chercher ce que j’avais de lui dans ma bibliothèque, j’ai trouvé côte à côte mais dans le désordre Indignation, La contrevie ; Goodbye-Colombus, La bête qui meure et Némesis. Ces livres étaient cachés derrière un tas de bouquins plus récents mais empilés. C’est dire que je ne les avais pas lus depuis quelque temps. Mais aussi que j’ai aimé cet auteur même si je n’ai pas lu ses 31 ouvrages.
Inutile de prétendre ajouter mon grain de sel. Disons que j’ai aimé tout cela. A chaque parution j’achetais son livre, le dernier étant Némésis. Après il n’a plus rien publié. Le roman date de 2012 dans sa traduction française. Depuis je n’ai rien acheté de lui… Je cite souvent sans en donner le titre ce livre de fiction où il imagine et rend crédible une uchronie étonnante : Lindberg serait devenu président des USA à la place de Roosevelt… Occasion de dénoncer le nazisme et de rappeler que l’Amérique a été terriblement antisémite
Lisons, relisons, lisez, relisez Roth dont on va beaucoup parler !
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