Catégorie: Ecriture
octobre 27th, 2014 par Jean Sebillotte
Deux polars pour qui les aime
J’aime beaucoup les enquêtes de Wallander. J’ai tous les livres que Mankell lui a consacrés. Il avait arrêté la série à mon grand dam.. Apparemment il la reprend…au moins une fois avec Une main encombrante
Selon l’éditeur : C’est l’automne en Scanie avec son lot de pluie et de vent. Wallander est en fin de carrière et se sent au bout du rouleau. Il aspire à une retraite paisible, rêve d’acheter une maison à la campagne et d’avoir un chien. Un collègue lui fait visiter celle d’un vieux parent. Wallander s’enthousiasme pour l’ancienne ferme et les lieux alentours, et pense avoir trouvé son bonheur. Pourtant, lors d’une dernière déambulation dans le jardin à l’abandon, il trébuche sur ce qu’il croit être les débris d’un râteau.
Né en 1948, Henning Mankell partage sa vie entre la Suède, le Mozambique, et la France. Lauréat de nombreux prix littéraires. Outre la célèbre « série Wallander », il est l’auteur de romans sur l’Afrique ou des questions de société, de pièces de théâtre et d’ouvrages pour la jeunesse
Le dernier livre d’Elisabeth George s’intitule Juste une mauvaise action. Voici aussi un auteur que j’aime. Je lui ai consacré un article dans ce blog (voir à 26 août 2012). Je n’ai pas lu ce livre….
Publié dans Ecriture
octobre 23rd, 2014 par Jean Sebillotte
Comment Poèmes incomplets m’est-il parvenu ? Je ne le sais pas. M’a-t-on donné ce livre ? L’ai-je acheté ? La mention 2 € apparaît sur la page de garde. L’ouvrage, édité par Firmin Didot, est beau avec couverture imitant celle de la collection NRF. 108 pages, quelques 75 poésies, une préface de Jean Guitton. Le livre a été édité en 1979. Un sous-titre dans l’ouvrage précise la période concernée : 1926-1971. Une citation de La Fontaine « Diversité c’est ma devise, » au dessous du titre intérieur.
Jean Berthet a à son actif 33 ouvrages détaillés en deuxième de couverture dont sept épuisés, dont plusieurs ont été préfacés par de grands auteurs – Carco, Cocteau, Marcel Achard – et illustrés par Peynet, Cocteau et d’autres.
La forme est sage, classique, la rime toujours présente. J’ai beaucoup aimé les poèmes que j’ai lus.
Berthet aura été un … UN PAS QUI PASSE…
Un pas qui passe, qui s’efface,
Et ne reviendra pas –
Le seul, le seul, quoique l’on fasse
Qu’on reconnaisse entre cent pas !
Etc.
(Page 85)
Il y a de beaux vers dans cet ouvrage, j’en cite deux
Sous les arbres au feuillage d’ambre
Vont les ombres jaunes de novembre
PS – Jean Berthet est, selon wikipedia, un poète français né le 12 avril 1911 à Rouen et mort le 17 juin 2002 à Paris. Il a reçu le grand prix de la Société des poètes français en 1994 pour l’ensemble de son œuvre. Il utilisa le pseudonyme de Jean Chicaille (d’un personnage de Paul-Jean Toulet, qui francisait ainsi un nom chinois).
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octobre 23rd, 2014 par Jean Sebillotte
Une anecdote. Je n’avais jamais lu du Modiano. Combler cette lacune s’imposait. Cet été, j’ai donc lu L’herbe des nuits choisi un peu au hasard parce que c’était un livre de poche et voici ce que j’en ai écrit à mes petits camarades de notre groupe de lecture :
Patrick Modiano – L’herbe des nuits. Sur l’idée d’un retour en arrière dans sa vie et grâce à un carnet noir, le héros revisite son passé énigmatique et flou…À l’époque, il était apprenti écrivain. Sa compagne ( ?) d’alors a-t-elle tué et qui ? Et pourquoi ? Peut-être ai-je été distrait, je n’ai pas retenu la réponse !
Mais j’avais recopié sur ce blog une interview de Patrick Modiano À propos de secrets d’écriture. Je m’attachais alors à la démarche de l’écrivain et non à son résultat ( voir article du 20 avril 2013). J’avais donc oublié cela…Or en rentrant de nos vacances, le groupe décide de lire le dernier Modiano.
Notre flair a été largement récompensé. Quelques jours après notre décision, nous étions largement informés du prix Nobel qui lui était attribué. Nous nous sommes félicités pour notre flair !
Ce blog n’a pas été pris de court !
La suite…Plus tard !
Publié dans Lecture, Lectures Etiquette: Modiano, Prix Nobel
août 1st, 2014 par Jean Sebillotte
À Pérec
Depuis l’été 1946 où j’ai découvert la Bourgogne avec mon frère aîné, la chambre de la tourelle de la grande maison a marqué ma vie.
C’est un espace cubique, de trois mètres sur trois, percé de deux immenses fenêtres sous un plafond très haut. Celle de l’ouest donne sur le « pré de la vache, » qui, dominé par le hameau du village, bute sur la mare d’où part la route de Lantilly au dessus de laquelle les prés et bois montant à l’assaut du plateau et ferment l’horizon. La fenêtre du sud invite le regard à parcourir la plaine des Laumes bornée, en particulier, par le mont Auxois, où est situé le site de la bataille d’Alesia
Dans ce lieu, à l’inverse des deux fenêtres, la porte est décentrée. C’est le seul élément, avec le mur aveugle et sa cheminée, qui soit dissymétrique dans cette pièce claire, trop claire même, maintenant (et depuis longtemps) sans rideaux, équipée de persiennes qui ne bloquent que partiellement la lumière. La cheminée est donc face à la fenêtre de l’ouest. La lampe au plafond participe à ce parti pris de symétrie car elle pend depuis l’exact milieu du plafond.
Les meublent ajoutent à la dissymétrie de la chambre. Heureusement. Le lit double, une de ces grandes barcasses de noyer sombre qu’affectionnaient les contemporains de Louis Philippe, a toujours trouvé sa place à droite de la porte pour éviter d’avoir la lumière dans les yeux et de dormir le long des meurs froids. C’est le meuble majeur et disproportionné qui semble vouloir lutter à lui tout seul contre la symétrie de l’architecture. Pendant les quelques 40 ans où j’y ai couché à intervalles réguliers, le matelas étrangement bosselé et le sommier trop mou sont restés les mêmes. Le lit est resté bordé de deux vieilles carpettes identiques qui, traitresses, ont la fâcheuse faculté de se dérober sous vos pieds et manquent de vous envoyer bouler sur le parquet de chêne clair.
Étonnante permanence de ces vieilles maisons de famille où, pendant deux générations, le temps s’est arrêté, où la même odeur imprégnant les parties anciennes vous accueille dès l’entrée et vous invite à savourer les relents de cire, de confiture, de feu de bois et d’humidité. À Grignon, ce parfum vous quitte au seuil de cette chambre pour vous rappeler qu’elle était récente et n’a guère que cent ans d’âge. On peut respirer dans la pièce l’herbe fraichement coupée ou le fumet du fumier de la ferme voisine.
Dans cet endroit frais en été, glacial en hiver, un poêle de fonte émaillée a longtemps permis de dégourdir l’atmosphère sans vraiment la réchauffer.
Autre particularité, autre souvenir : à gauche quand on entrait, au-delà de la cheminée, trônait une toilette de marbre. On s’y lavait avec un broc et une grande soupière, tous deux de vieille faïence défraichie à fleurs roses. Un seau de métal émaillé recueillait l’eau salie. Au dessus du marbre une méchante glace biseautée et une lumière chiche.
Je dois confesser ma faible propension à me laver ici et deux fâcheuses habitudes : balancer l’eau usée sur la pelouse en contrebas et même, debout sur l’embrasure du sud, pisser tranquillement dehors en un hommage très masculin à la nature champêtre et campagnarde.
Oh ! Campagne ! Si, parfois, on entend monter une voiture par la route du bas, le plus souvent c’était le meuglement du taureau ou de ses compagnes qui envahissait ce domaine carré assailli de mouches obstinées à vouloir y vivre et à s’y reproduire (mais où exactement, on l’a jamais su). Ces insectes agaçants collent toujours aux vitres et les constellent de chiures toujours difficiles à nettoyer. Ce lieu n’est donc jamais vraiment silencieux sauf en hiver et encore faut-il alors oublier le ronflement du poêle.
La maison est restée inhabitée 19 ans. L’humidité s’est infiltrée dans les murs car les chéneaux obstrués débordaient sans être curés. La tapisserie à fleurs, déjà pâlie, d’une couleur anciennement rose, s’est tachée de gris et de noir et s’est décollée en grande partie. On en a retiré des pans entiers. Le résultat en est une décoration aléatoire, mélange de plages de plâtre nu et de papier pisseux.
Cette turne m’est à présent hostile et je lui préfère, dans cette vaste demeure, redevenue familiale, « la chambre rouge, » qui doit son nom au passé.
Jean Sebillotte
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août 1st, 2014 par Jean Sebillotte
Ora fuit l’annonce de la mort redoutée d’Ofer, son second fils, qui a rempilé dans l’armée à l’issue de son service militaire. Nous sommes en Israël. Ofer est le filsd’Ora et d’Avram alors qu’Adam, l’aîné, est le fils d’Ilan. Ora est intimement liée à deux hommes, Ilan et Avram, des amis intimes que la vie a séparés, deux amis avec les quels elle a lié connaissance à la sortie de l’adolescence dans un hôpital, avec lesquels elle a conçu les deux demi-frères. Le roman recèle un immense et splendide dialogue entre Ora et Avram. Ce dernier s’est refusé à voir son fils Ofer. Ora lui raconte sa vie et celle de son fils au cours d’une randonnée en Galilée… L’amour entre eux renaît…Tout le sel de cette histoire tient à l’habileté de l’auteur qui nous dévoile progressivement la vie passée des cinq protagonistes. Le présent et le passé alternent. Le texte est continu avec de simples intervalles entre les sections (ni parties, ni chapitres). La vie en Israël nous est suggérée par la référence constante aux relations difficiles des Juifs avec les Palestiniens et les arabes, à la colonisation et au rôle de l’armée et, parfois, à la bible et aux fêtes et rites (La bar-mitsva d’un fils par exemple, l’achat d’aliments casher). Les noms des lieux (villages et villes), qui sont à consonances arabes ou juives, nous renvoient à l’étrangeté de ce pays.
Comment vous donner l’envie de lire cette brique de 782 pages dans la collection Points du Seuil ? J’ai imaginé de fournir ci-dessous une le fac-similé d’une page de ce livre. L’ouvrage se termine par une confidence précieuse de l’auteur… (avis au lecteur : ne pas oublier de double-cliquer pour lire en grand format la page reproduite) 
Publié dans Articles, Lecture, Lectures Etiquette: David Grossman, Israël..., Une femme fuyant l'annonce