Catégorie: Lecture
juillet 21st, 2016 par Jean Sebillotte
Ce livre lu dans ma jeunesse, en 1956, à un moment de maladie, de fatigue extrême et de stress, m’avait fait grande impression, comme le film célèbre de Bresson. Une amie, Monique Gosselin, universitaire spécialiste de Bernanos, a écrit récemment un essai approfondi, « Bernanos romancier du surnaturel » aux Éditions Pierre Guillaume de Roux, où elle rend compte de la modernité de six des œuvres de Bernanos « jugées souvent désuètes » qui « peuvent cependant toucher les lecteurs d’aujourd’hui, fussent-ils étrangers au catholicisme, voire au message chrétien ».
La relecture m’a plu. Mais il est vrai que j’ai été imbibé de religion catholique. J’en sais les fondements, les rites, la place de la hiérarchie et des clercs, donc d’un curé, dans l’Église.
Ce qui m’a frappé est la qualité de l’écriture. Ce qui fascine aussi c’est le personnage de ce prêtre « au douloureux itinéraire… vers une sainteté qui s’ignore ». Le livre peut rebuter. Il a vieilli quand il décrit la vie institutionnelle et humaine du curé d’une petite paroisse rurale dans les années 30. Il demeure vigoureux pour quiconque se sent concerné par le « surnaturel », le bien, le mal, le péché, la mort, la grâce… le Christ et son message…
Le curé d’Ambricourt est un être pur, qui se heurte à lui-même, à ses paroissiens et à leur manque de foi, au monde et aux compromissions de l’Église.
Je suis incapable, ici, de résumer un tel livre. Lisez-le ! Ensuite lisez Monique Gosselin. Ou inversement !
JS
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juin 5th, 2016 par Jean Sebillotte
Ce poète irakien d’origine a lu certaines de ses oeuvres au siège de Colori tempi en fin mai. C’était l’occasion de le découvrir. « Bagdad ce qu’il reste de lumière » était le titre du duo alliant des pièces de violoncelle et des poèmes. Deux interprètes. Catherine Warnier au violoncelle, jouant du Bach – Ah les suites pour violoncelle seul -, du Schumman, du Bloch, des musiques traditionnelles ; Salah Al Hamdani étant la voix du poète lisant certaines de ses œuvres avec parfois un court passage en arabe.
Parmi ses lectures, Salah lit des extraits de « Je te rêve ». Ce long poème, unique objet d’un petit livre illustré par Sylvain Boisel, commence ainsi :
Nos mains restées sur le feu
N’ont pas ramené l’été
À la tourterelle gelée dans la peine
J e te rêve
À perte de vue
Les saisons meurent de sommeil
Un silence avec des lèvres sur tes paupières
Je te rêve
La voix laboure l’attente
Et dépoussière les sentiments
Au creux des mots…..
Voici un extrait de la quatrième de couverture.

L’oeuvre Salah est abondante, avec des poèmes parfois écrits en arabe et traduits en français avec I. Lagny. Parmi les recueils, j’ai été tenté par « Pluie de Juillet » écrit en français et en italien (traduction de V.Napolitano – dessins de Selim Abdullah). Voici le début d’un poème énigmatique et beau.
Tout ceci
Ce bout de crépuscule
Que tu trimballe dans l’errance de l’instant
…………
Tutto questo
Questo frammento di crepusculo
Ché tracini con ten el vagabondare dell’instante
………..
Un poète à lire et à écouter ! Un artiste très complet ! Découvrez-le aussi sur wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Salah_Al_Hamdani
JS
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juin 3rd, 2016 par Jean Sebillotte
Une première lecture, il y a bien longtemps, de Poil de Carotte, enfant persécuté par sa mère. Ce livre très connu de Jules Renard, m’avait laissé un souvenir très fort.
De courts chapitres, de petites pièces comme autant de petites nouvelles et de petites scènes de théâtre. À chaque fois un titre (on en trouve la longue liste dans la table des matières). Peu de personnages : madame Lepic, monsieur Lepic, grand frère Félix, sœur Ernestine, Honorine puis Agathe et Lui, Poil de Carotte. Un aperçu par cet extrait :
« LES POULES
– Je parie, dit madame Lepic, qu’Honorine a encore oublié de fermer les poules.
C’est vrai… (ici j’abrège)
– Felix, si tu allais les fermer ? dit madame Lepic à l’aîné de ses trois enfants.
– Je ne suis pas ici pour m’occuper des poules, dit Félix, garçon pâle, indolent et poltron.
– Et toi Ernestine ?
– Oh ! moi, maman, j’aurais trop peur !
Grand frère Félix et sœur Ernestine lèvent à peine la tête pour répondre. Ils lisent, très intéressés, les coudes sur la table, presque front contre front.
– Dieu que je suis bête ! dit madame Lepic, je n’y pensais plus. Poil de Carotte, va fermer les poules.
Elle donne ce petit nom d’amour à son dernier né, parce qu’il a les cheveux roux et la peau tachée. Poil de Carotte qui ne joue à rien, se dresse et dit avec timidité :
– Mais, maman, j’ai peur aussi moi.
– Comment ? répond madame Lepic, un grand garçon comme toi ! c’est pour rire. Dépêchez-vous, s’il vous plaît !
– On le connaît, il est hardi comme un bouc, dit sœur Ernestine.
Et cela continue pour finir ainsi :
– Poil de Carotte, tu iras les fermer tous les soirs.
Le récit du POT est plus terrible… On mesure la peine de l’enfant… Petit à petit, une vie de famille se révèle où monsieur Lepic apparaît comme le moins redoutable des acteurs, ce qui sauve probablement l’enfant. Moi, je bous à chaque fois que je lis cela. Jules Renard est un auteur qui reste et restera. Un jeudi soir, le 26 mai, Christophe André a vanté Le Journal de Jules Renard. C’était à la Grande librairie, sur France 5… Si l’adresse convient encore, cliquer là-dessus pour retrouver l’épisode: http://www.france5.fr/emissions/la-grande-librairie/diffusions/26-05-2016_481543
Si je dois vivre un peu, je le lirai, ce journal, je le lirai ! Il existe en version abrégée
JS
Édité en PRESSES POCKET avec préface de Jacques Perret

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juin 2nd, 2016 par Jean Sebillotte
L’association veut promouvoir et marier les arts. Elle contribue à l’animation artistique en général et plus particulièrement à Rueil-Malmaison où est situé son siège. Plutôt que d’en faire ici l’éloge le lecteur est invité à se rendre sur le site Coloritempi.com. Je vais relater un peu plus tard une lecture particulièrement réussie de Salah Al Hamdani donnée le 28 mai
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avril 25th, 2016 par Jean Sebillotte

Dans les livres à lire ou à relire : Les copains. Ce livre de Jules Romains me paraît être un de ces bouquins qui vous ont plu et qui, relus, vous réjouissent toujours. Le film d’Yves Robert était excellent. Le livre vaut son pesant de couscous ! Le style est alerte, les trouvailles langagières, la mise en scène, l’intrigue, tout est hilarant, si l’on rentre dans Les copains qui commence ainsi :
LE REPAS
– Patron !
– Messieurs ?
– Venez par ici ! On a besoin de vous. On voudrait savoir si vos pichets de grès tiennent le litre. Ce monsieur, que vous voyez, qui a le nez rouge, prétend que oui ; moi je prétends que non. Il y a un pari d’engagé.
– Monsieur, faites excuses, mais c’est monsieur qui est dans le vrai.
– Quel monsieur ?
– Eh bien ! le monsieur qui a… comme vous dites…
– Qui a le nez rouge ?
– Patron, je n’admets pas que vous associez aux plaisanteries…
– Je n’ai pas dit, monsieur… Ce n’est pas moi qui ai dit que vous aviez le nez rouge… Je trouve même que, pour un nez rouge, le nez de monsieur…
– Suffit ! Il s’agit de vos pichets, non de mon nez.
Etc.
Et vous voilà parti pour lire un livre léger et fort sur l’amitié de sept bons copains qui vont se venger d’Issoire et d’Ambert…
JS
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