René Le Bars sort un nouveau recueil dont j’ai déjà publié la couverture, « Du vent dans les herbes folles ». Deux parties : l’une dédiée à René de Obadia dramaturge, romancier et poète français (dont je n’ai rien lu ni vu), l’autre dédiée à Charles Le Quintrec, poète breton. Grâce à René Le Bars, la Société des Auteurs et Poètes de la Francophonie a créé son prix le plus prestigieux du nom de Charles Le Quintrec. Les poèmes du recueil sont variés dans leur forme et leur sujet. Je retiens « Libellule blessée » dont voici la première strophe :
En un vol plein de zèle
Au coeur bleu de l’été
La belle a perdu l’aile
Qui faisait sa beauté
Pourquoi ce poème ? Il me fallait choisir entre L’hirondelle, Les Coquelicots, L’araignée, douze Haïkus…. Je laisse à Michel Bénard la tâche de la recension où il excelle ! Celles qu’ils a faites de mes ouvrages en sont le témoin.
Ami lecteur, grâce à Jean-Charles Dorge président de la SFP et de la SAPF, toutes deux associations actives de poètes, mon cinquième recueil de poésie va être édité. Nicole Randon (voir par ailleurs) a accepté de préfacer ce recueil. Sa préface est élogieuse. J’en rougis. Je l’insère ici pour vous mettre en appétit !
« Préface
Poète expérimenté et de grand talent, Jean Sebillotte semble faire de l’écriture un véritable art de vivre. Ce recueil V de la série Au fil des ans nous prend une nouvelle fois par la main et nous touche au cœur en nous invitant à cueillir ses poèmes comme des fruits à « laisser mûrir ».
Si le poète reste lucide devant le passage des ans et « accepte de vieillir », il n’y a rien de désespéré dans cette poésie qui au contraire irrigue les plus vives émotions ! Au gré de ce parcours poétique spatio-temporel ponctué de haltes variées, ce poète promeneur solitaire de notre siècle traverse le temps et rend volontiers visite à ses amis poètes Rimbaud ou Mallarmé pour « remonter […] à ses sources », le temps d’un pastiche.
Toutefois la poésie de Jean Sebillotte ne se veut pas savante, c’est un poète qui sait rester ancré dans la vie quotidienne. « En poète fou », il ne rechigne pas non plus à se montrer « terre à terre » et s’amuse volontiers par humour à jouer avec « une langue gaillarde » : l’homme qui compose ce recueil n’est-il pas un amoureux de la vie, cette vie qui, avoue-t-il, « l’époustoufle » ? L’écriture est pour lui, on l’aura compris, une manière jubilatoire non seulement de cultiver le jardin de beauté et des expériences esthétiques mais aussi de cultiver le plaisir sensuel de vivre car « la sève est encore vigoureuse ».
Explorant dans son recueil une étonnante variété de formes entre lesquelles il navigue avec une aisance surprenante, le poète est convaincu que « c’est en poésie seule/ que les vers sont libres ». Apprécions cette revendication de liberté ! Jean Sebillotte veut surtout dire ses bonheurs et ses peines et s’exprimer « sur tout et sur des riens ». Nous pouvons ainsi dans un poème très intime le voir partir se dégourdir les jambes pour élargir les limites de son jardin intime et chercher la paix dans son « corps si lourd ». Tout en conviant le lecteur dans son univers poétique personnel, jamais le poète n’oublie cependant tous ces êtres qui, hors de sa sphère privée, subissent d’autres souffrances, « là-bas où gronde la guerre ».
Sans perdre espoir, ce poète grand humaniste ne veut pas que nous puissions oublier le monde extérieur car « Ailleurs le monde souffre et se bat ». Il ne veut pas fermer les yeux : « La terreur vous plonge/ Dans la guerre sans fin/ Dans cette horreur qui ronge/ Vos pays et leurs confins/ Ô vous qui habitez/ La terre tragique/ Dont vous cohéritez ».
On ne saurait rester sourd à une telle interpellation : il faut profiter de cette lecture, qui pourra aider à « résister au mal qui ronge », qu’il soit individuel ou collectif.
Dans ce blog, j’écris souvent sur la poésie, celle des autres et la mienne. A Vesdun, au centre de la France, lors d’une rencontre récente de poètes, René Lebars m’a dédicasé son livre au titre évocateur d’Harmonies. Je connais René Lebars par la Société des Auteurs et de la Francophonie. Il y joue un rôle essentiel. Mais mon propos n’est pas là. Je veux vanter cet ouvrage, illustré de dessins de Brigitte Simon, où m’attendaient une soixantaine de poèmes de formes diverses, classique ou non.
J’ai apprécié ces poèmes le plus souvent assez courts dont certains m’ont parlé plus que d’autres. N’est-ce pas la règle ?
En voici un :
LES BEAUX HORIZONS
Aide-soignant au chevet des vivants
le poète maladroit
trouble la grande machine des illusions
en guettant d’improbables vérités
C’est du fond de la terre
du fond de l’enfer
que viennent les pensées diluviennes
L’avenir radieux des trépassés
se lit au cœur du séisme
Les vivants sont toujours trop tristes
qui s’abandonnent au rêve insatiable
des beaux horizons.
J’en ai respecté la disposition et la ponctuation finale, faute de pouvoir reproduire la page entière. Ailleurs j’ai admiré de nombreux vers comme ceux de ce poème :
L’avenir radieux des trépassés
Se lit au cœur du séisme
Certains vers sont de purs joyaux qui, parfois, concluent le poème. Ainsi :
Rêves fuyez ! Je vous aime.
Ou encore ce quatrain trouvé dans HARMONIE DU MONDE :
Comme des oiseaux apeurés
De merveilleux instants
Cherchent à se poser
Vite ! Tendons la main.
Et celui-ci que j’adore:
Les mots trahissent la vérité
L’écriture est un viol
Le plus beau poème est un crime parfait
Faut-il cesser d’écrire ?
De fil en aiguille, j’en viendrais à citer tant de vers, tant de poèmes… comme LE BLANC ET LE NOIR…
Bref, si vous voulez vraiment vous convaincre que j’ai raison, commandez le livre édité conjointement par AGA et l’Harmattan.
Fallait-il tuer Christophe Dautheuil pour cette histoire de famille ?
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Et chez l'auteur, contact par mail.
Fred
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