La Russie et Poutine à travers deux livres

Comment ne pas être fasciné par cette Russie qui a tant d’importance en Europe. Je le suis un peu, je l’avoue. Deux de mes lectures récentes me donnent des clés pour comprendre et la Russie et Poutine. La premier est celle du dernier livre de Carrère dédié à sa mère : Kolkhose. Elena Carrère d’Encausse est une descendante d’aristocrates russes réfugiés en France. L’auteur montre combien sa mère a pu admirer et critiquer la Russie, son peuple et son système politique qui fait du tsar la clé de voûte de la société. Un peuple pauvre, voire misérable, habitué à courber le dos face à l’adversité. Cela remonte à loin, au servage et probablement à des causes plus archaïques. Cette société, à ce que j’i compris, comprend l’élite et le reste du peuple. Y a-t-il une classe moyenne, nécessaire à la démocratie ?Le second livre est « Le mage de Berlin » de Da Empoli, ouvrage couronné par l’Académie Française. Ce livre poursuit en quelque sorte le livre précédent qui cite simplement Poutine secrétaire de Eltsine. J’ai été conquis par ce récit censé être celui de Baranov, fils d’une lignée d’aristocrates membres de l’élite russe. Le bouquin commence par expliciter le contexte de l’arrivée de Poutine au pouvoir, celui des années folles qui ont suivi la chute du mur. Baranov est alors très proche de Poutine. Il explique la « verticalité » du pouvoir en Russie. On comprend Poutine de l’intérieur. Une bête politique sachant s’adresser à son peuple au prix d’actes brutaux qui réconcilie le peuple et le pouvoir : Poutine est le nouveau Tsar.J’arrête ici ces confidences car je suis à la moitié de ce seond livre que je déguste lentement !Une remarque importante. La guerre en Ukraine m’apprend que si Poutine s’est trompé, cette guerre se comprend car elle est cohérente avec sa vision politique affirmée dès le début : les Russes se fient au Tsar, à la verticalité du pouvoir tsariste puis communiste. Cette guerre permet de comprendre que l’armée soviétique, pardon russe, est à l’image du pays. Les officiers sont des aristocrates loin de la troupe (il y a les officiers mais pas de sous-officiers ou peu). Le soldat est méprisé, rançonné, envoyé à une mort certaine et inutile. Ce soldat croit que Poutine ne le sait pas. Le Tsar est le seul qui pourrait changer les choses. Verticalité difficile à comprendre chez nous. La suite très bientôt…

juillet 18th, 2026 par