Catégorie: Ecriture

juin 10th, 2012 par Jean Sebillotte

Voici une page écrite en mars  2012, bien avant que je ne me décide à publier mon livre.

Dois-je chercher un éditeur pour un roman ?

Je viens de clore un bouquin sans avoir l’impression d’avoir rédigé un chef d’œuvre. Dois-je courir les maisons d’édition ? Je m’interroge. Publier à compte d’auteur ? Tout dépend du coût !

Parlons un peu économie.

Le monde de l’internet est très agité par les critiques que font les écrivains à l’édition à compte d’auteur. Il est vrai que des abus sont manifestes dans ce domaine. Mais les écrivains en herbe ne sont-ils pas naïfs ? Ne sont-ils pas comme ces retraités qui se mettent à l’aquarelle  et, munis de quelques pièces sinon médiocres, du moins standard, demandent, de ci de là, à exposer leurs œuvres et découvrent la difficulté de trouver une galerie qui ne leur fasse pas payer, à un prix exorbitant, la location d’un espace où personne ne vient jamais ?

Tout artiste est un producteur (les artistes eux-mêmes parlent de leur « production »). Il faut savoir que les producteurs, dans notre économie (et de tout temps), ont une part extrêmement faible dans la vente finale de leur produit.  Dans un pot de yaourt vendu au consommateur,  quelle est la part du lait payé à l’éleveur ? 5%, 10% ?

Scandale que cette comparaison entre l’artiste et l’éleveur ? Et pourtant tous deux cherchent à vendre leur production. Ils l’offrent. En face il y a la demande dictée par le besoin.

Pour l’éleveur la demande est liée à un besoin immédiat et à caractère vital. Pour l’artiste il n’en va pas de même. Les peintres, par exemple,  savent que leurs travaux sont achetés par ces personnes extraordinaires et rares qui sont sensibles à ce qu’ils créent.  L’oeuvre d’art est un luxe. Les artistes savent qu’il faut se battre pour vendre et qu’il ne revient pas grand choses dans leur bourse une fois leur production vendue. Quand le peintre meurt, il laisse souvent un énorme stock d’œuvres dont ses descendants ne savent que faire, car, contrairement à la légende, à la mort de l’artiste, elles n’ont plus aucune valeur ou si peu. Il faut se faire une raison : sauf pour de rares élus, l’art ne rapporte que bien peu ou rien du tout. Il y a là quelque chose de choquant, je l’admets. Mais pourquoi un écrivain ou une écrivaine gagnerait-il des mille et des cents, lui ou elle qui s’autoproclame artiste ? Que lui doit-on ?

Il y a, me direz-vous, un tas de gens qui vivent sur le dos des artistes ! Exact. L’éleveur vit la même situation et  ne dit pas autre chose !

Mais, et je parle ici des seuls artistes, les galeries ne fermeraient pas en grand nombre, ni les librairies, si leur situation d’intermédiaires était si florissante.

Il reste que certains (les galeries en sont, comme les maisons d’édition) vivent de l’envie qu’ont les artistes d’exposer ou de publier leurs oeuvres, envie légitime et besoin vital pour eux, et en profitent à l’évidence, mais pas toutes !

Il reste le mécénat…qui ne touche que peu de monde.

*

Voici mes réflexions au stade actuel. Il est possible que ce tapuscrit dorme tranquillement chez moi, sauvegardé sur un disque dur ou que je me lance dans l’auto-édition ! J’hésite !

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juin 9th, 2012 par Jean Sebillotte

Il est bien trop tôt pour moi de parler de ce livre tout frais. je le ferai plus tard, mais c’est quand même une nouvelle pour ce blog ! Je me contenterai de mettre ici la photo de sa couverture en deux clichés.

Pour se le procurer me joindre ou, si vous êtes pressé aller sur le site de l’éditeur : http://www.ilv-edition.com/librairiehenri_ou_le_legs_dune_ecriture.html ou, plus tard, sur amazon.

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mai 18th, 2012 par Jean Sebillotte

Je suis en train de lire, plus que de relire, un gros bouquin consacré aux oeuvres d’Edgar Poe (édition La Pochothèque). 1858 pages…Je ne prétend pas « absorber » intégralement un tel ouvrage. Je picore là-dedans à petites doses  et admire la culture tellement vaste et variée de cet écrivain génial dont je mesurais mal l’influence considérable tout en sachant que Baudelaire avait été son traducteur. Ce dernier est également l’auteur d’une présentation intitulée « Edgar Poe, sa vie et son oeuvre » fort intéressante. Les nouvelles sont à lire par ceux qui s’intéressent à ce genre !

Je ne résiste pas au plaisir de relayer cette annonce du Musée d’Orsay:

Rêver d’Edgar Allan Poe

Manet l’a illustré, Debussy a tenté de le mettre en musique. C’est dire que l’univers d’Edgar Allan Poe a fasciné les artistes de la seconde moitié du XIXe siècle. Dès ses débuts, le cinéma s’est intéressé à l’œuvre d’Edgar Allan Poe.
Dans ses nouvelles où s’inventent le récit policier, la science-fiction et l’épouvante, des réalisateurs comme Fritz Lang, David W.Griffith, Jean Epstein, Roger Corman ont trouvé l’essence même du fantastique et du suspens.
Ces histoires où l’horreur et la beauté font bon ménage n’ont-elles pas à voir avec la nature même du cinéma ? Car quoi de plus cinématographique que les caprices de l’imagination, la question du double, la permanence obsédante des défunts ou l’indécision entre le rêve et la réalité, entre la vie et la mort ? L’œuvre de Poe, peut-être plus que toute autre, aura ainsi anticipé les mythes et les fantasmes que matérialisa l’invention du cinématographe, cette machine à créer des spectres et à incarner les cauchemars autant que les rêves. Et comme l’a compris Jean-Luc Godard dans Vivre sa vie, n’est-ce pas le pouvoir vampirique du cinéma que Poe décrivait déjà dans Le Portrait ovale, où un peintre parvenait à transfuser sur sa toile « la vie elle-même » ?

Le musée d’Orsay consacre plusieurs journées à cet auteur du 6 au 27 mai…http://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/cinema/presentation-generale/article/rever-dedgar-allan-poe-32071.html?tx_ttnews[tx_pids]=607&tx_ttnews[tt_cur]=32071&tx_ttnews[backPid]=223&cHash=c0b06485f2

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mai 8th, 2012 par Jean Sebillotte

S’il y a quelque chose qui s’apprend c’est bien le journalisme. Il y a des écoles pour cela. Et pourtant, dans ma vie j’ai exercé, avec d’autres, cette tâche sans formation. Il me semble avoir appris tellement sans en avoir reçu la formation adaptée…à commencer par l’enseignement. Mais ceci est une autre histoire.

Mon premier article de journal a été écrit pour « La France agricole. »  J’ai gardé longtemps cet article dont le titre devait être « L’investissement est nécessaire mais peut conduire à la faillite ». Le texte me venait de mon expérience de conseiller de gestion. Il visait un ami agriculteur et partait de son cas, maquillé bien entendu.

Plus tard, je fus conduit à lancer un « Echo des Nitrates. » Ce fut sur ordre. Il consistait en une feuille recto-verso tirée au ministère de l’environnement et routé par une entreprise. Mes collaborateurs et moi l’avons fait paraître pendant plus de 10 ans à raison de 10 numéros par an. Exercice de concision, choix des thèmes à traiter, illustrations parfois…

A ma retraite j’ai été invité à participer à l’Echo des Nouettes. J’étais poursuivi par les « Echos ! » Ce journal de quartier m’a appris beaucoup. Il a maintenant son site http://echodesnouettes.org/ créé par Alain Roger. On peut y trouver, en archives, quelques numéros. Les autres seront progressivement scannés. Le numéro 50 va paraître en juin.  C’est là un vrai journal qui parait trois fois par an et qui a pour limite le seul quartier de Porchefontaine à Versailles. Sans vantardise, on peut affirmer que c’est là une expérience unique en France. Il existe des journaux de quartier qui sont tout à fait respectables mais qui ont souvent pour support une paroisse, une municipalité qui sont distribués et non vendus..Le nôtre est un vrai journal. Son support : une association. Sa conception : une équipe de journalistes bénévoles la réalise.  Son indépendance : elle est totale, assurée par des recettes suffisantes obtenues par la vente des numéros et la publicité acquise dans le seul quartier. Son orientation : apolitique et a-confessionnelle. Sa vocation profonde : renforcer les liens entre habitants du quartier et participer à son animation. Sa maquette : délibérément « presse people. » Nous bénéficions d’une aide minime mais précieuse de la municipalité et, surtout, de l’appui de l’imprimerie de notre quartier pour la mise en page et l’impression en bichromie de quatre pages sur huit sur papier couché. Des commerçants vendent notre journal prolongeant nos ventes, notamment  sur le marché et à la sortie des écoles. Des abonnés nous soutiennent.

Sur un plan plus personnel, j’ai la chance de pouvoir participer à l’illustration de certains numéros, notamment de la rubrique que je tiens depuis plusieurs années (Balcons et jardins). Sinon je suis mobilisé pour des dossiers ou par tel ou tel évènement. Il m’est arrivé de publier des poèmes.

Un exemple d’illustration ? Un collègue vient de m’écrire : « Je te propose le poème onirique publié dans l’Echo 41, une « rencontre bien singulière »…Mais est-ce vraiment un rêve? Ce très court poème en prose a une demi-douzaine d’interprétations possibles. Le texte ne propose que de rares et insuffisantes pistes. A chacun de se faire son opinion. Tu pourrais rajouter ton excellente illustration de l’époque. » Peut-on refuser une telle demande ?

Une rencontre bien singulière

C’était un soir d’été entre chien et loup à la fontaine des Nouettes.

La clairière est déserte. J’entends soudain des voix mélodieuses qui s’approchent. De mon abri, je vois sortir de la forêt une colonne de femmes en longue robe blanche, une couronne de fleurs dans les cheveux. Elles sont douze et font cercle autour de la fontaine en chantant et en jetant des pétales de fleurs. Le temps semble s’être arrêté. Il n’y a pas un bruissement de feuilles. Tout est silence à côté des incantations dont le sens m’échappe. Les esprits de la forêt retiennent leur souffle. Seuls quelques lueurs illuminent la couverture nuageuse, des éclairs sans tonnerre sans doute. Puis, les dames repartent en sens inverse vers les futaies. Elles semblent glisser sur l’herbe plutôt que marcher. Un instant plus tard elles ont disparu.

A mon tour je m’approche de la fontaine. Il flotte une sensation de calme et de sérénité, et même une légère odeur de jasmin. La fontaine paraît bouillir alors que l’eau est glacée. On aurait dit les prêtresses de la forêt de Brocéliande venues rendre hommage aux pouvoirs magiques de la fontaine de Barenton ou encore une apparition de la déesse gauloise Epona et de ses suivantes. Cette scène est-elle sortie du passé ? Du futur ? Cette manifestation a-t-elle bien eu lieu ce soir et comment l’interpréter ?

Enfin, une légère brise revient, on entend de nouveau les oiseaux. La clairière respire normalement, le ciel est clair, la nature reprend ses droits, les bruits familiers du quartier se manifestent au loin.

Cependant, trois pétales de rose glissent encore à la surface de l’eau…

Michel Duthé

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mai 6th, 2012 par Jean Sebillotte

Le titre de ce livre d’Hervé Bichat est accrocheur. Il doit se comprendre ainsi : pas de salut pour l’Afrique sans le souci de son agriculture. Pour un ancien de  l’Afrique du Nord, le titre est trop large, mais il en va de l’Afrique comme de l’Amérique. Pour beaucoup l’Afrique est noire, le reste ce sont les pays arabes…Ici, l’auteur précise que sa référence est surtout l’Afrique de l’ouest. Agronome, il en parle en connaisseur, lui qui y a vécu, qui a créé et dirigé le CIRAD (centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement) puis a été à la tête de l’INRA avant de diriger l’enseignement agricole français ce que précise la quatrième de couverture.

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 La première partie, « L’Afrique n’est pas maudite », réussit le tour de force de dresser un « portrait » très documenté du sud du continent, pourtant tellement hétérogène. Cette partie ramassée (93 pages) a le mérite à mes yeux incompétents de relier présent et passé, de souligner les handicaps et les chances. H. Bichat ne craint pas de comparer entre eux les continents (et leur histoire) sans tomber dans le simplisme. La synthèse est remarquable : cette partie à elle seule mérite la lecture du livre !

La seconde partie de l’ouvrage, moins étoffée ― « Quelques problématiques agricoles africaines »  ―,  s’adresse à un public plus restreint, plus averti, me semble-t-il.

On y retrouve René Dumont et son livre célèbre  (L’Afrique noire est mal partie) dont H. Bichat fait une analyse soigneuse, comme il fait état des erreurs de la banque Mondiale trop exclusivement inspirée de l’Ecole de Chicago qui imprègne la pensée libérale actuellement dominante. Il s’appuie sur l’expérience de la politique agricole commune (la PAC). Il faut de l’Etat à l’agriculture, à ce stade de son développement au moins.

 Trois grandes conclusions pour l’action : redonner la priorité au long terme, adapter les régimes fonciers à  leur nouvel environnement agro-écologique et social, faire émerger des marchés régionaux agricoles.

HB termine par un appel à « soutenir l’agriculture africaine, car elle sauvera le continent ! » Ceci en respectant les contraintes propres au temps et à l’espace et en convoquant « le meilleur de la recherche agronomique mondiale. »

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 C’est là un défi lancé aux Africains et au reste du monde, en gardant présent à l’esprit que ceux-là seront bientôt deux milliards et qu’il auront à se nourrir.

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 Ce livre m’a particulièrement concerné car je connais Hervé Bichat depuis 1957 à l’Agro de Paris. Nous ne nous sommes jamais perdus de vue même si mon parcours professionnel a été métropolitain et plus modeste et n’a croisé le sien qu’en fin de carrière.

J’ai connu René Dumont. J’ai fait avec lui et quelques professeurs, comme élève,  un tour de Bretagne, qui m’a marqué pour toujours. La compagne de R. Dumont m’a envoyé à la place de son compagnon alors en fin de vie, une lettre émouvante en réponse  à un courrier où je lui faisais part du décès de mon beau-frère, Jacques Moineau, qui a consacré sa vie à l’Afrique francophone et tout particulièrement au Mali où il a rencontré sa femme Aminata. Jacques a été un de ces coopérants passionnés par le destin de l’Afrique. Toujours sur le terrain, il a  milité sans relâche  pour que les paysans aient la possibilité de prendre en main leur destin. Combien de fois a-t-il pesté contre la Banque Mondiale, contre les programmes plaqués de l’extérieur sur cette paysannerie qu’il a aimé de toutes ses forces.

  Ceci dit je ne connais pas physiquement l’Afrique noire ! Néanmoins je me retrouve dans ce livre dont je conseille ici la lecture.

 

 

 


 

 

 

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