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février 4th, 2026 par Jean Sebillotte

La Planète au relief inversé

Comme beaucoup de monde il m’arrive de rêver, mais au réveil le rêve est confus et s’oublie vite.
Cependant il m’arrive parfois de vivre un rêve ou devrais-je dire une expérience hors du commun. Je me souviens de tout dans les détails et les couleurs, je voyage à la vitesse de la pensée (est-ce le voyage dans l’astral dont parlent certains?) et j’observe des planètes inconnues (d’hier, d’aujourd’hui ou de demain?). Je vois donc de près des habitants et des animaux qui nous ressemblent mais avec des différences. Je pourrais l’écrire en détail mais je n’en ai ni le temps ni le courage, n’étant pas un véritable écrivain.
Cette fois pourtant j’ai pris le temps de mettre par écrit un cas que j’appellerais la planète au relief inversé.

Une nuit j’ai donc visité une planète lointaine étrange. Etait-ce le fruit de mon imagination ? Non car la précision était bien plus forte que dans les rêves habituels. Alors, un voyage en décalage avec notre espace-temps ?
Pourtant ça semblait très réel. En tout cas mon personnage ou mon esprit, après son voyage dans l’espace, s’était bien matérialisé en se posant sur cette planète car il est entré en relation avec la population locale tout naturellement, laquelle par chance nous ressemblait physiquement.

Cette planète a une particularité: comme la Terre, elle est partiellement et largement couverte par un océan dont le niveau monte et descend par intermittence. Cet océan est bordé d’une côte de même niveau partout et assez élevée correspondant au niveau haut moyen de l’océan. Au delà de la côte se situent les terres. Elles sont habitées mais d’altitude plus faible. Avec des forêts, des vallées, des lacs, bref un relief inversé, le point le plus haut est la côte sauf quelques rares cas particuliers, comme des sommets de collines et des bâtiments construits sur la côte. On pourrait appeler cette planète la planète à l’anti-relief. Les gens vivent apparemment normalement dans les vallées sous le niveau des mers. Il y a des vergers et des potagers sous serres. J’ai pu voir tout cela par survol dans un premier temps.

Parfois l’océan monte plus haut et se met à déborder partout le long des côtes et l’eau envahit peu à peu les terres intérieures. Pourquoi ce phénomène? Je n’ai pas eu la révélation de l’explication. Est-ce un phénomène interne à la planète? Est-ce dû à une attraction forte à l’approche du soleil de cette planète, une naine massive? J’ai noté deux lunes proches : serait-il possible que parfois elles viennent en conjonction augmenter leur attraction et grossir la marée. Je n’ai pas pu l’analyser car j’ai été piégé pendant le phénomène.

Les habitants sont habitués à ce type d’épisode. Quand le niveau d’alerte est dépassé, l’eau envahit peu à peu les vallées et les forêts, les habitants ont le temps de s’organiser. La technologie est semblable à celle de la Terre: électricité, caméras, pompes, etc. Chaque maison dispose d’un compartiment étanche semi-enterré, ventilé, doté de couchettes confortables, le temps d’attendre quelques heures ou quelques jours que l’eau se retire. Les gens généralement dorment après avoir bu un breuvage contenant pour ceux qui le souhaitent, une drogue pour lutter contre la claustrophobie, car rester des heures sous des mètres d’eau ne doit pas être agréable…Je me promenais dans le village quand j’ai été accosté. A cause de mon habillement différent des gens du village, on m’a dit : «  étranger entre vite te mettre à l’abri chez nous ». Je crois que ce réflexe est général, telle la place du pauvre à table chez nous.

J’ai donc été accueilli dans un de ces compartiments domestiques comme n’importe quel voyageur de passage. En effet, tout voyageur loin de ses bases est naturellement accueilli là où il se trouve quand le phénomène survient. J’ai vu comment les gens s’organisent: discussions, sieste… en attendant la fin du phénomène. Je suis resté discret pour la question de la langue tout en gardant le sourire . A noter que si je ne comprenais pas les mots je comprenais télépathiquement le sens de leurs paroles. En l’occurrence ce n’était pas difficile à comprendre : manger, se préparer pour la longue sieste, boire le breuvage ad hoc.
L’eau ensuite s’écoule dans les lacs au fond des vallées qui se vident ensuite à leur tour, je présume par capillarité , ou mieux par pompage vers l’océan extérieur. Tout est arrangé en déclivité pour l’évacuation des eaux dans les villages. Mais aussi vu la puissance du pompage je présume qu’ils disposent d’une centrale étanche sous cocon elle-même refroidie à l ’eau pour renvoyer l’eau vers l’océan extérieur. L’eau de l’océan semble assez douce car elle ne détruit pas la végétation, au contraire., elle la fait vivre.
A part cela la vie semble très proche de la vie terrestre, les habitants ne sont pas belliqueux et semblent accepter leur sort avec philosophie. J’ai parcouru, tel un drone, les forêts, les villages, les lacs qui logiquement doivent communiquer avec ceux d’où a lieu l’extraction par pompage, la côte qui a débordé, les câbles de transmission d’énergie, les gros tuyaux qui remontent vers la côte, etc, sans être très surpris par l’activité, la technologie, la végétation (dont beaucoup de sapins).

Bien étrange cette planète au relief inversé et au cycle de l’eau très particulier qui apparemment ne connaît pas la pluie.
Je les ai laissés à leur sort et à leur cycle climatique curieux. Après tout ils se sont bien adaptés, les Terriens pourraient peut-être en prendre de la graine.…
Adieu mes amis, j’ai oublié vos coordonnées galactiques pour que personne ne vous importune.

MD

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février 2nd, 2026 par Jean Sebillotte

Voici ce que m’écrit Michel : « tu avais publié sur ton site une de mes nouvelles parues dans l’Echo: une rencontre inattendue à la Fontaine des Nouettes, joliment illustrée par  tes soins. Dans la même veine j’ai écrit il y a quelques années trois autres nouvelles de science-fiction qui constituent une certaine forme de poésie… Les petits textes sont en PJ, conversation avec un terrien, une planète au relief inversé, la roue. »

Je vous livre ici le dernier texte (les autres suivront) :

                            La Roue

   Nous sommes au 23e siècle. Les occupants de la station spatiale orbitale sont agités. Il est question d’un proche transfert. C’est toujours intéressant et attendu : des colis, des nouvelles, des vidéos, des médicaments et autres substances diverses, les intrants pour les bassins de culture, la recharge pour la pile nucléaire, etc. Mais la question obsédante est : combien de transférés ? La prison compte aujourd’hui 760 détenus pour 800 places. Combien sont-ils dans ce transfert ?

   La navette a accosté dans la zone technique. Le bruit court immédiatement : « ils sont 40 !», « ils sont 40 !». C’est la consternation. Cela veut dire que les derniers gardiens vont repartir avec la navette et que la station va être définitivement abandonnée. C’était prévu, une surpopulation carcérale n’est pas admissible. C’est donc la fin programmée.

   A la fin du 21e siècle, l’ONU avait débattu longuement. Une majorité de nations voulait la fin de la peine de mort. Une autre majorité avait accepté en l’échange de la mise place d’un bagne définitif où la société pouvait se débarrasser pour toujours des récidivistes les plus nocifs et totalement irrécupérables. Il avait donc été discuté un temps des îles Kerguélen, puis décidé de créer une station orbitale d’où personne ne reviendrait. C’est ainsi que la Roue a été créée.

   C’est une station orbitale qui comme son nom l’indique a une forme de roue. La zone-vie se trouve sur la périphérie de la roue. La roue tourne autour de son axe pour créer une gravité artificielle. Les hommes circulent sur le pourtour, la tête tournée vers le centre de la roue. Si la vitesse de rotation décroît, les rétrofusées peuvent donner un petit coup de pouce. Ce sont d’ailleurs elles qui ont donné l’impulsion initiale. La zone-vie de la station occupe les 9/10e de la circonférence, la zone technique le reste. Elle comprend les cellules des condamnés , la cafétéria, les salles de sport, les serres pour les légumes et les fruits, les bassins de petits poissons qui se nourrissent des déchets et excréments, les réacteurs d’algues, plus particulièrement les réacteurs de spiruline. Cette cyanobactérie se nourrit du CO2 des occupants et le convertit en oxygène, elle a aussi l’immense avantage de produire des protéines riches. A elles seules ces dernières sont insuffisantes pour nourrir les occupants, il faut compléter avec des oméga 3 et de la vitamine C, c’est le rôle des serres et bassins. Au total l’écosystème fonctionne bien, il a été testé sur les premières colonies martiennes à la fin du 21e siècle. Des panneaux s’ouvrent et se ferment pour simuler le jour et la nuit.

   Seulement la station va être abandonnée. Des scientifiques ont émis l’idée d’aller voir ce qui s’y passe après l’abandon. Mais le Conseil de Sécurité a dit non, il faut s’en tenir aux résolutions initiales. De toute façon les occupants, s’ils sont capables de maintenir la station en ordre de marche, et en principe ils en sont capables car ils ont été formés pour ça lors de leur détention, devraient survivre jusqu’à leur mort naturelle. La station comprend des caveaux où les morts et les suicidés sont enfermés, caveaux dépressurisés reliés au froid et au vide spatial.

   Que va-t-il se passer vraiment dans ce cercueil collectif ?
Avant la Roue il y a eu deux autres Roues 1 et 2 qui ont été abandonnées il y a 30 et 50 ans. Le centre de contrôle de Houston reçoit toujours des images et des messages longtemps après, laissant présumer que la vie subsiste dans ces stations abandonnées.

   Mais quelle forme de vie ?

                                   MD

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février 2nd, 2026 par Jean Sebillotte

Nous continuons à lire tous les mois à l’Ehpad Lépine. La dernière fois nous étions assez nombreux avec quelques centenaires ou presque. Nous sommes trois à animer la lecture qui a été lancée par Marie-Noëlle Roger qui, malheureusement nous a quitté brutalement pour d’autres cieux… Et la séance de janvier (une heure, un lundi matin) a été consacrée à la poésie après un rappel de nos lectures passées.

J’ai pu pendant un quart d’heure échanger sur ma poésie et laisser trois livres qui circuleront.

Le chat est venu faire un tour

Et hier dimanche 1er février, nous avons, Chantal et moi, regardé, en replay, une partie de la dernière séance de La grande librairie où il a été question de poésie. Thomas Schesser en a particulièrement bien parlé comme d’autres d’ailleurs. Des poèmes ont été signalés et dits en partie : « Oh lac » et un poème de René Char par Le Clezio, par exemple…

Louis, taiseux et solitaire, est jardinier en Provence. Sa vie s’effondre quand il découvre que son chat a une tumeur. Sa nouvelle voisine, Thalie, professeure de lettres à la retraite, lui redonne le goût de vivre en lui faisant déclamer devant ses arbres les textes des grands poètes d’hier et d’aujourd’hui, de Sapho à Rimbaud en passant par Neruda, Kipling, Rilke, Brontë ou Senghor.

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janvier 8th, 2026 par Jean Sebillotte

Nuit de fête, nuit de feu

                                        Incendie du bar Constellation

                                        Avec 40 morts et plus de cent blessés

C’était un bar en montagne ;

Nous venions

 Pour l’amour et le champagne ;

Sur la musique à tue-tête,

Nous dansions ;

Pour nous tous, c’était la fête !

Notre joie était profonde:

Nous  chantions.

Que nous importait le monde !

Soudain, sans alerte aucune,

Nous brûlions

Dans la fumée importune !

Parmi nous certains criaient :

Nous mourons !

Et les diables seuls riaient…

               Jean Sebillotte – janvier 2026

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décembre 4th, 2025 par Jean Sebillotte

Chaque année la Société des Auteurs et Poètes de la Francophonie, publie un florilège, ouvrage soigné et précieux. J’y présente un ou deux poèmes. L’ouvrage actuel est conçu depuis dix ans par le présient de l’association, Jean-Charles Dorge à la suite d.O. Furon Bazin. JC Dorge est un poète éminent qui vient d’éditer un nouveau recueil Fleurs de réveil, ce que nous apprend le Florilège. L’ouvrage, outre le mot du Président suivi des actualités de l’associaition, comprend un grand nombre de poèmes (avec un bref portait de chaque poète, dont ceux de Coréens), et offre des Chroniques, des Opinions libres, des présentations de concours, et une rubrique : Lu pour vous. L’ouvrage est illustré par de multiples artistes dont votre serviteur (j’avais donné en début septembre la primeur d’un des dessins à mes lecteurs).

Bref, un ouvrage précieux pour les curieux de la vie d’une association active et féconde !

              Toi

              Destrier de mes fougueux désirs

             Arme-moi furieux de tes plaisirs

             Prépare mon âme à de tardifs repentirs

             Dont je pressens déjà l’onde m’envahir

              Le ciel est serein cependant

             Où je cisèle mes vers tranchants

             Dans l’azur glauque et lointain

             De mes futurs incertains

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