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février 2nd, 2026 par Jean Sebillotte

Voici ce que m’écrit Michel : « tu avais publié sur ton site une de mes nouvelles parues dans l’Echo: une rencontre inattendue à la Fontaine des Nouettes, joliment illustrée par  tes soins. Dans la même veine j’ai écrit il y a quelques années trois autres nouvelles de science-fiction qui constituent une certaine forme de poésie… Les petits textes sont en PJ, conversation avec un terrien, une planète au relief inversé, la roue. »

Je vous livre ici le dernier texte (les autres suivront) :

                            La Roue

   Nous sommes au 23e siècle. Les occupants de la station spatiale orbitale sont agités. Il est question d’un proche transfert. C’est toujours intéressant et attendu : des colis, des nouvelles, des vidéos, des médicaments et autres substances diverses, les intrants pour les bassins de culture, la recharge pour la pile nucléaire, etc. Mais la question obsédante est : combien de transférés ? La prison compte aujourd’hui 760 détenus pour 800 places. Combien sont-ils dans ce transfert ?

   La navette a accosté dans la zone technique. Le bruit court immédiatement : « ils sont 40 !», « ils sont 40 !». C’est la consternation. Cela veut dire que les derniers gardiens vont repartir avec la navette et que la station va être définitivement abandonnée. C’était prévu, une surpopulation carcérale n’est pas admissible. C’est donc la fin programmée.

   A la fin du 21e siècle, l’ONU avait débattu longuement. Une majorité de nations voulait la fin de la peine de mort. Une autre majorité avait accepté en l’échange de la mise place d’un bagne définitif où la société pouvait se débarrasser pour toujours des récidivistes les plus nocifs et totalement irrécupérables. Il avait donc été discuté un temps des îles Kerguélen, puis décidé de créer une station orbitale d’où personne ne reviendrait. C’est ainsi que la Roue a été créée.

   C’est une station orbitale qui comme son nom l’indique a une forme de roue. La zone-vie se trouve sur la périphérie de la roue. La roue tourne autour de son axe pour créer une gravité artificielle. Les hommes circulent sur le pourtour, la tête tournée vers le centre de la roue. Si la vitesse de rotation décroît, les rétrofusées peuvent donner un petit coup de pouce. Ce sont d’ailleurs elles qui ont donné l’impulsion initiale. La zone-vie de la station occupe les 9/10e de la circonférence, la zone technique le reste. Elle comprend les cellules des condamnés , la cafétéria, les salles de sport, les serres pour les légumes et les fruits, les bassins de petits poissons qui se nourrissent des déchets et excréments, les réacteurs d’algues, plus particulièrement les réacteurs de spiruline. Cette cyanobactérie se nourrit du CO2 des occupants et le convertit en oxygène, elle a aussi l’immense avantage de produire des protéines riches. A elles seules ces dernières sont insuffisantes pour nourrir les occupants, il faut compléter avec des oméga 3 et de la vitamine C, c’est le rôle des serres et bassins. Au total l’écosystème fonctionne bien, il a été testé sur les premières colonies martiennes à la fin du 21e siècle. Des panneaux s’ouvrent et se ferment pour simuler le jour et la nuit.

   Seulement la station va être abandonnée. Des scientifiques ont émis l’idée d’aller voir ce qui s’y passe après l’abandon. Mais le Conseil de Sécurité a dit non, il faut s’en tenir aux résolutions initiales. De toute façon les occupants, s’ils sont capables de maintenir la station en ordre de marche, et en principe ils en sont capables car ils ont été formés pour ça lors de leur détention, devraient survivre jusqu’à leur mort naturelle. La station comprend des caveaux où les morts et les suicidés sont enfermés, caveaux dépressurisés reliés au froid et au vide spatial.

   Que va-t-il se passer vraiment dans ce cercueil collectif ?
Avant la Roue il y a eu deux autres Roues 1 et 2 qui ont été abandonnées il y a 30 et 50 ans. Le centre de contrôle de Houston reçoit toujours des images et des messages longtemps après, laissant présumer que la vie subsiste dans ces stations abandonnées.

   Mais quelle forme de vie ?

                                   MD

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février 2nd, 2026 par Jean Sebillotte

Nous continuons à lire tous les mois à l’Ehpad Lépine. La dernière fois nous étions assez nombreux avec quelques centenaires ou presque. Nous sommes trois à animer la lecture qui a été lancée par Marie-Noëlle Roger qui, malheureusement nous a quitté brutalement pour d’autres cieux… Et la séance de janvier (une heure, un lundi matin) a été consacrée à la poésie après un rappel de nos lectures passées.

J’ai pu pendant un quart d’heure échanger sur ma poésie et laisser trois livres qui circuleront.

Le chat est venu faire un tour

Et hier dimanche 1er février, nous avons, Chantal et moi, regardé, en replay, une partie de la dernière séance de La grande librairie où il a été question de poésie. Thomas Schesser en a particulièrement bien parlé comme d’autres d’ailleurs. Des poèmes ont été signalés et dits en partie : « Oh lac » et un poème de René Char par Le Clezio, par exemple…

Louis, taiseux et solitaire, est jardinier en Provence. Sa vie s’effondre quand il découvre que son chat a une tumeur. Sa nouvelle voisine, Thalie, professeure de lettres à la retraite, lui redonne le goût de vivre en lui faisant déclamer devant ses arbres les textes des grands poètes d’hier et d’aujourd’hui, de Sapho à Rimbaud en passant par Neruda, Kipling, Rilke, Brontë ou Senghor.

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janvier 8th, 2026 par Jean Sebillotte

Nuit de fête, nuit de feu

                                        Incendie du bar Constellation

                                        Avec 40 morts et plus de cent blessés

C’était un bar en montagne ;

Nous venions

 Pour l’amour et le champagne ;

Sur la musique à tue-tête,

Nous dansions ;

Pour nous tous, c’était la fête !

Notre joie était profonde:

Nous  chantions.

Que nous importait le monde !

Soudain, sans alerte aucune,

Nous brûlions

Dans la fumée importune !

Parmi nous certains criaient :

Nous mourons !

Et les diables seuls riaient…

               Jean Sebillotte – janvier 2026

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décembre 4th, 2025 par Jean Sebillotte

Chaque année la Société des Auteurs et Poètes de la Francophonie, publie un florilège, ouvrage soigné et précieux. J’y présente un ou deux poèmes. L’ouvrage actuel est conçu depuis dix ans par le présient de l’association, Jean-Charles Dorge à la suite d.O. Furon Bazin. JC Dorge est un poète éminent qui vient d’éditer un nouveau recueil Fleurs de réveil, ce que nous apprend le Florilège. L’ouvrage, outre le mot du Président suivi des actualités de l’associaition, comprend un grand nombre de poèmes (avec un bref portait de chaque poète, dont ceux de Coréens), et offre des Chroniques, des Opinions libres, des présentations de concours, et une rubrique : Lu pour vous. L’ouvrage est illustré par de multiples artistes dont votre serviteur (j’avais donné en début septembre la primeur d’un des dessins à mes lecteurs).

Bref, un ouvrage précieux pour les curieux de la vie d’une association active et féconde !

              Toi

              Destrier de mes fougueux désirs

             Arme-moi furieux de tes plaisirs

             Prépare mon âme à de tardifs repentirs

             Dont je pressens déjà l’onde m’envahir

              Le ciel est serein cependant

             Où je cisèle mes vers tranchants

             Dans l’azur glauque et lointain

             De mes futurs incertains

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novembre 27th, 2025 par Jean Sebillotte

L’image peut sembler dérisoire. C’est pourtant la première récolte transformée et mangeable que j’ai pu mener à bien en cette année 2025. L’an prochain ce sera mieux en attendant que les deux oliviers du jardin vieillissent et produisent plus. Je crois avoir acquis le savoir permettant d’éliminer l’amertume et de terminer par la saumure…

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