Catégorie: Lecture

décembre 9th, 2016 par Jean Sebillotte

Ce livre est celui d’un ami, Xavier Jacquey, qui a déjà eu dans ce blog, le 20 avril 2012, un commentaire pour son ouvrage précédent  « Ces appelés qui ont dit non à la torture ».

autemps-des-enfants-places-a-la-ddass-couv

Xavier m’a demandé d’illustrer la couverture de ce nouveau livre selon ses désirs. Le graphiste en moi a été heureux de cette demande dont on voit ici le résultat – qui vient pour moi après la maquette de la couverture de mon dernier roman.

Ce livre sur les enfants de la DDASS est à lire par ceux qui s’intéressent à tous ceux dont la vie est vécue en marge. Dans Fred, j’avais imaginé que mon héros avait été placé et mon livre était aussi celui d’une résilience. Mais Fred était orphelin. Le livre de X. Jacquey, lui, met l’accent sur la réforme de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) qui a redonné leur place aux parents qui, auparavant, étaient jugés « mauvais ». Fred, lui, s’il avait eu un père absent avait une « bonne » mère qui, malheureusement, est décédée. Par contre l’ASE l’avait séparé de son frère… pratique détestable, dorénavant abandonnée.

Lisez donc ce livre pour toutes ces raisons et parce que c’est un livre étonnant ce que souligne déjà la 4e de couverture !

jacquey-4e-couv-ddass-001

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Publié dans Lecture, Lectures Etiquette: , ,

novembre 28th, 2016 par Jean Sebillotte

La mort d’un amerloque

À la fin d’une vie relâchée,

Son cœur, amère loque,

Battant breloque,

                                  L’a lâché.

Au bloc

On ne peut réparer

Ce cœur désemparé

                                  Qui se bloque.

Des médocs,

L’homme n’en connaît pas,

Habitué des seuls repas

                                  Au Médoc.

Ah Mère !

L’amerloque est mort.

C’était là son sort

                                  Amer.

Instant loufoque

Où la vie, soudain finie,

Au seuil de l’infini,

                                  Suffoque.

Pour ce poème, j’ai reçu il y a très peu le prix « « Claude Sorel » de poésie libre de la Société des Artistes et Poètes de la Francophonie, la SAPF. Qui refuserait un tel prix, signe d’une reconnaissance des siens, ces poètes désintéressés et modestes qui s’associent pour célébrer ce genre assez peu en vogue et pourtant objet de tant de travaux, de joies et de peines ?

Dans mes deux recueils publiés à ce jour, il y a bien des textes de la même veine humoristique, comme celui où une momie nous répète en refrain « j’m’ennuie » ou celui qui vante la « tête de veau sauce gribiche ». Ou encore,  quand le lecteur est invité à considérer que « Tout est en ordre » puisque,  outre les précautions prises avant de se coucher (les volets fermés, l’auto garée, etc.), le poème précise  :

« Tonton est à l’Elysée,

non il est clamecé,

c’est Chirac qui y est,

la République est gardée ».

Ailleurs, on revisite la mythologie grecque :

 » Très en colère,

Junon, de son sein altier,

Jette à Jupiter,

La giclée laitière,

Qui a pris nom

De Voie lactée » ?

Quant à la SAPF, présidée par Jean-Charles Dorge avec l’appui de René Lebars, son vice-président, et de son comité, je ne peux que vous inciter, vous mes lecteurs, à visiter son site http://www.poetes-francophonie.com/ et à devenir membre de cette association qui œuvre pour la promotion de la poésie et de la langue française.

Jean S.

Publié dans Lecture, Poesie Etiquette: , ,

novembre 13th, 2016 par Jean Sebillotte

D’abord, pourquoi lire ?  saint-simon-memoiresJe propose un détour : pourquoi écrire ? Une de mes réponses est que j’écris pour explorer le monde. Cela vaut surtout pour mes romans qui me permettent d’approfondir un aspect de la réalité et même de créer un ajout imaginaire à cette réalité. Un roman appartient au monde, ne serait-ce que parce que la Bibliothèque nationale en garde deux exemplaires… Fred, pour moi, fait partie du monde comme la famille Dautheuil. N’en est-il pas de même pour la lecture qui permet, elle aussi, d’explorer le monde ?

Pourquoi lire Saint-Simon, duc et pair ? C’est se plonger dans la vie de la cour du roi Louis XIV puis du Régent. C’est suivre la démarche d’un homme qui voulait que son propre monde subsiste et que nous en partagions la mémoire. Qui n’est pas intéressé par l’histoire de France perdra peut-être le sel de ces Mémoires. Mais, peut-être, peut-on lire Saint-Simon simplement pour se régaler de son fameux style.

Lire Saint-Simon c’est aussi satisfaire un libraire fort sympathique chez qui j’ai trouvé l’anthologie dont il m’a fortement conseillé la lecture. Grâce à lui, j’ai réparé partiellement une lacune de ma formation littéraire qui a été fort incomplète et que, sur le tard, je m’efforce de compléter comme certains de mes proches qui à un âge avancé continuent à perfectionner leur langue anglaise, espagnole ou allemande.

J’ai commencé le bouquin par le milieu au moment où le duc nous conte la mort de la Dauphine puis celle du Dauphin qui lui étaient très proches, une mort terrible aussi, à divers égards, pour le Roi, pour la cour, une mort qui a privé la France de successeurs destinés à devenir roi et reine de France, formés pour cela, une mort qui a conduit à une régence, le futur Louis XV étant bien jeune.

Je ne pensais pas être pris à ce point par ma lecture. C’est dû au fond bien sûr, mais probablement  plus encore au style que l’on m’avait vanté. Qui suis-je pour qualifier ce style qui n’a d’égal selon les Goncourt que celui de la Bible  et des auteurs latins ? « Saint-Simon ? Un des grands stylistes avec Proust » m’a dit une amie fort compétente dans le domaine. Dans la préface de l’anthologie, François Ravez cite un certain nombre d’admirateurs de Saint-Simon : Chateaubriand, Hugo, Balzac, Michelet, Sainte-Beuve, Flaubert, les frères Goncourt, Stendhal ( «… les épinards et Saint-Simon ont été mes goûts durables »). Proust « fera des Mémoires l’un des textes-sources de La Recherche », écrit le préfacier qui cite aussi Valéry écrivant : « Dans une clandestinité absolue…, Saint-Simon invente pour ses Mémoires cette langue extraordinaire dont la morsure et les longues phrases, formées d’étonnants raccourcis, émerveilleront les connaisseurs de l’avenir ».

Après cela, comment pourriez-vous ne pas lire au moins cette anthologie, qui n’a que 1478 pages,  à défaut des huit tomes de la Pléiade ?

Jean Sebillotte

Publié dans Lecture, Roman Etiquette:

août 21st, 2016 par Jean Sebillotte

Mme Proust E Bloch DanoD’Évelyne Bloch-Dano, je n’ai lu que deux biographies, celle de Madame Zola et celle de Madame Proust. Elle m’ont vivement intéressé à chaque fois. On découvre un auteur et son monde par l’histoire d’une personne qui lui est toute proche. Passionnant. Je suggère cette lecture aux curieux. Quant à l’auteur, pourquoi ne pas aller sur son site :  http://www.ebloch-dano.com ? Je ne me vois pas établir la biographie de Madame Bloch-Dano !

JS

PS- Je n’imaginais pas combien Proust avait dépendu de sa mère. Et réciproquement… En outre, le livre nous présente le milieu dans lequel ont vécu la mère et le fils.

 

Publié dans Lecture, Lectures Etiquette: , ,

août 9th, 2016 par Jean Sebillotte

Cher ami,

À mon tour de commenter un de vos livres. L’Herbier m’est bien parvenu. J’ai profité d’une semaine en Espagne pour le lire page après page. Le livre s’y prête par sa forme même. On suit l’histoire de cette famille qui est décrite pour aboutir au fils, dont je n’ai pas trouvé le prénom, qui, à la fin, reste seul dans la maison des parents, sur le dessus de la terre, ses parents étant désormais en-dessous…

« Le petit a grandi, il essaie de comprendre pourquoi Roger et Colette s’aiment et se haïssent, en même temps. » Effet de typo et de style. Le style. Vous m’aviez suggéré d’en mettre davantage pour le second roman, je crois. Dans L’Herbier, il est remarquable et je suis tombé  sur de multiples trouvailles qui m’ont plu et parfois étonné.

Le livre n’est ni gai ni optimiste. Il est même cruel. La vie vaut-elle d’être vécue ? Dieu ne répond pas, existe-t-il ? La destination est le cimetière. La vieillesse peut être un terrible naufrage. Le père apprend à l’enfant à faire un herbier, « doux cimetière de la nature morte ».

« On est heureux pour quelques heures, ou un peu moins malheureux »… « Croient-ils pouvoir être heureux ensemble » ?

« Heureusement il reste les mots »… « pour un  avenir vertigineux ».

*

C’est, pour moi, un beau livre que j’ai quitté pensif, d’autant que je lisais en même temps Les âmes grises tout aussi sombre.

Merci

Jean S.

 

Publié dans Lecture, Lectures, Roman Etiquette: , , ,