Catégorie: Ecriture

novembre 9th, 2019 par Jean Sebillotte

Bonne nouvelle, mon troisième recueil de poèmes verra le jour. la Société des Poètes français en sera l’éditeur. Je ne pouvais tarder à faire cette annonce !

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octobre 1st, 2019 par Jean Sebillotte

Dans ce blog, j’écris souvent sur la poésie, celle des autres et la mienne. A Vesdun, au centre de la France, lors d’une rencontre récente de poètes, René Lebars m’a dédicasé son livre au titre évocateur d’Harmonies. Je connais René Lebars par la Société des Auteurs  et de la Francophonie. Il y joue un rôle essentiel. Mais mon propos n’est pas là. Je veux vanter cet ouvrage, illustré de dessins de Brigitte Simon, où m’attendaient une soixantaine de poèmes de formes diverses, classique ou non.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai apprécié ces poèmes le plus souvent assez courts dont certains m’ont parlé plus que d’autres. N’est-ce pas la règle ?

 En voici un :

 

LES BEAUX HORIZONS

 

Aide-soignant au chevet des vivants

le poète maladroit

trouble la grande machine des illusions

en guettant d’improbables vérités

C’est du fond de la terre

du fond de l’enfer

que viennent les pensées diluviennes

L’avenir radieux des trépassés

se lit au cœur du séisme

Les vivants sont toujours trop tristes

qui s’abandonnent au rêve insatiable

des beaux horizons.

 

J’en ai respecté la disposition et la ponctuation finale, faute de pouvoir reproduire la page entière. Ailleurs j’ai admiré de nombreux vers comme ceux de ce poème :

L’avenir radieux des trépassés

Se lit au cœur du séisme

Certains vers sont de purs joyaux qui, parfois, concluent le poème. Ainsi :

Rêves fuyez ! Je vous aime.

Ou encore ce quatrain trouvé dans  HARMONIE DU MONDE :

Comme des oiseaux apeurés

De merveilleux instants

Cherchent à se poser

Vite ! Tendons la main.

 

Et celui-ci que j’adore:

Les mots trahissent la vérité

L’écriture est un viol

Le plus beau poème est un crime parfait

Faut-il cesser d’écrire ?

De fil en aiguille, j’en viendrais à citer tant de vers, tant de poèmes… comme LE BLANC ET LE NOIR…

Bref, si vous voulez vraiment vous convaincre que j’ai raison, commandez le livre édité conjointement par AGA et l’Harmattan.

JS

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août 23rd, 2019 par Jean Sebillotte

Ce type m’intrigue. On peut le classer dans les classiques contemporains, ceux qui se sont exprimés après 1950. J’ai de lui un livre d’entretiens L’inachevable – Entretiens sur la poésie 1990-2010. J’ai aussi lu son premier recueil  Du mouvement et de l’immobilité de Douve.

Dans L’inachevable, j’ai lu le chapitre Sur la poésie en français qui est un entretien avec Béatrice Bonhomme daté de 2000.

Bonnefoy écrit mal selon moi. Ses phrase sont longues, compliquées. Un exemple :

Je crois que c’est cette dualité dans l’appréhension du langage qui m’a fait prêter attention à l’être des langues et induit à m’intéresser aux savoirs qu’on peut supposer qui sont en dépôt en elles, aux a priori qu’elles imposent à la pensée à l’esprit, aux intuitions qu’elles nous permettent ou nous refusent.

YB raconte sa découverte du français  (ses parents parlaient aussi patois), du latin puis de l’anglais. Il Il cite ces vers de Coleridge qui « ne cessèrent plus [de] l’obséder » :

We were the first that ever burst

Into that silent sea.

« D’emblée j’avais été remué par l’appel des mots… » dit-il, découvrant dès son enfance l’importance des mots et appréciant dans les livres d’enfant le peu de mots qui y figurent.

Puis il passe à la poésie du siècle classique, admirant Racine, ayant peu d’intérêt pour La Fontaine. D’où sa question à l’époque :

Qu’était-ce donc que la poésie ? Comment se faisait-il qu’on donnât son nom à ce qui chez nombre d’auteurs était si peu attrayant ? Mais c’est lors que je découvris les plus grands poètes, Vigny d’abord puis Baudelaire et Rimbaud, et m’aperçus qu’eux aussi marquaient à l’encontre de beaucoup de la poésie en français de la méfiance, si ce n’est même de la colère, alors pourtant qu’ils en attendaient un bien d’une qualité suprême, inconnue ailleurs dans la vie.

YB y réponds en soulignant combien le français pose question au poète. Il rappelle (cela me semble bien connu) l’importance de la faiblesse de notre accentuation . Il le montre en comparant poetica, poétics et poétique. en soulignant l’avantage des anglais et des italiens. Nous n’avons pas le moyen d’entendre dans nos phrases une structure ïambique (une syllabe faible suivie d’une autre accentuée. )

Mais nous avons l’e muet !

L’e muet ? c’est en somme tout un réseau de creux, de léger suspens, entre e plein des autres syllabes, c’est dans e vers tout un relief possible de teintes et demi-teintes, et voilà qui permet, remarquons-le tout d’abord, de rendre parfois certaines syllabes plus longues, dans la diction, avec du coup des accents dans la succession sinon trop monotone des mots. C’est Mallarmé écrivant dans Hérodiade :

 

Tu vis ! Ou vois-je ici l’ombre d’une princesse ?

A mes lèvres tes doigts et leurs bagues et cesse

De marcher dans un âge ignoré…

Plus loin :

Cet accent de type nouveau aide à la poésie, déjà, puisque forme accrue, il met davantage à distance les sens conceptuel du mot, ce qui fait que filtre entre les notions une lumière qui semble qui vient d’ailleurs dans l’esprit, sinon plus haut.

Enfin, ce :

e muet pallie les carences du vers régulier, syllabes comptées et rime, comme Verlaine l’a si bien vue dans son Art poétique.

J’abandonne ici Yves Bonnefoy, car plus loin il traite des rapports de la prose et de la poésie ! Ce poète a été professeur au Collège de France… Il faut l’écouter ! J’écrirai donc un second papier à son sujet.

JS

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août 22nd, 2019 par Jean Sebillotte

La poésie…

… reste pour moi un mystère et une pratique. Dans les temps actuels, ceux que je vis, elle semble évanouie et pourtant…

Comme le souligne wikipédia – une encyclopédie qui en vaut bien une autre, collective, gratuite, démocratique – la poésie, depuis plus de cinquante ans, n’est que très peu présente dans les journaux et la presse nationale. La diffusion en librairie est de plus en plus restreinte. Elle n’est pas présente non plus à la télévision et on ne choisit plus guère de poètes pour représenter la littérature en France.

La poésie perd de son audience, car elle a peu d’importance sur le plan économique, puisque ne se publie que ce qui peut se vendre, d’où la responsabilité de certaines grandes maisons d’éditions.

… Pourtant… elle est effectivement pratiquée par de très nombreux auteurs – comme en témoignent les publications abondantes et diversifiées depetites maisons d’édition – et lue par beaucoup de lecteurs passionnés. Les revues papier et en ligne jouent à cet égard un rôle décisif… Les blogs ou les très nombreuses lectures ou festivals, comme le Printemps des poètes, le Marché de la poésie ou encore la Journée mondiale de la poésie, témoignent également d’une pratique vivante de la poésie.

Ceci, je le pratique. Membre de plusieurs associations de poètes, je fais dans ce blog souvent référence à la poésie, la mienne, celle des autres. J’ai souligné l’importance des anthologies.

Je m’exerce à la lecture avec mon groupe de… lecture.  J’ai eu le plaisir (et la récompense) d’une séance intime ( à cinq) passée en partie à lire des poèmes extraits de mes deux premiers recueils.

*

Voici  mon dernier texte :

 

Là-bas

Ailleurs

L’odeur des citronniers

Du papier d’Arménie

Du savon d’Alep

Ô Syrie

Là-bas

Ailleurs

L’odeur des lavandes

Que porte le vent

Les odeurs de l’ombre

Des volets sombres et clos

Là-bas

Ailleurs

Odeurs servantes de l’oubli

Ô la sauvagerie

Des massacres

Et des morts absurdes

Là-bas

Ailleurs

 

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juillet 21st, 2019 par Jean Sebillotte

Il existe tout un débat à propose de la psychogénéalogie. Certains y croient dur comme fer. D’autres n’y croient pas. Il y a là comme un remake des débats sur la médecine homéopathique, sur l’acupuncture, sur le caractère scientifique de la psychanalyse, etc.

Il n’est pas question ici de trancher.

Et le poète que je tente d’être avait  « pondu » un poème publié en février 2019. La forme en était discutable. Je l’ai repris. Le voici :

 

  Psychogénéalogie ?

Longtemps tu as masqué tes émotions

Redoutant d’autrui les condamnations.

Pourtant elle était là cette souffrance

Dont toi seul subissais la fulgurance.

 

Tu ignorais l’importance des morts,

Cachant en toi un étrange remords

Qui dissimulait, dans ta grotte obscure,

La plaie vive d’un passé qui suppure.

 

Car les histoires dont tu as héritées

Etaient là, dans tes cavernes abritées,

Te minant, sans que le sache ton âme,

Hantée, dévorée par quelque ancien drame.

 

Tu cachais donc sous un air trop lisse

Les secrets que recelait ton abysse,

Leurs putrides et noires exhalaisons,

Sans pouvoir en comprendre les raisons.

 

A nier sans le vouloir ce legs transmis,

Ces actes par un ascendant commis,

Tu vivais victime combien passive

Une douleur injuste et excessive.

 

Pour n’être pas de toi-même le juge,

Il fallait savoir par quel subterfuge,

Par quel mécanisme et aussi pourquoi,

L’inconscient se jouait encor de toi.

 

Il te fallait trouver ton noir fantôme,

La sûre origine de ton symptôme,

T’en libérer avec l’aide d’un tiers,

Qui soit pour toi le sage et bon expert.

 

Dans ce domaine règne l’incertitude.

On te promettra la béatitude.

Tu trouveras de multiples faussaires,

Des escrocs, de foutus intermédiaires…

 

Et si tu te tournais vers le poème

Pour, peut-être, résoudre ton problème ?

Les poètes sont, dit-on, un peu chamans

Et parfois aussi un peu monomanes

 

Cette ordonnance peut paraître étrange

Mais t’aidera à trouver quel sera l’ange

Capable de lutter contre le démon

Qui est en toi comme un mauvais phlegmon !

                                              .JS

    

          

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